jeudi 28 août 2008

Je n'aime pas énormément la psychanalyse, et tout ce qui ressemble à de l'interprétation frustrée et forcée des événements.
Ceci est mon dernier message sur ce blog, même si j'ai -au fond- énormément besoin d'un lieu où dire ce que j'ai envie de dire, d'un endroit où raconter ma vie, comme pour espérer qu'elle ait une valeur. Je pense au fond que tous les gens qui ont un blog veulent cette même chose : montrer que leur vie, dans sa cohérence, se développe avec valeur et sens. J'ai toujours eu besoin de cela : je voulais que tout ce qui se passe dans ma vie puisse objectivement valoir le coup. J'ai toujours voulu que mes valeurs soient des valeurs respectables. Et elles n'acquièrent ce respect qu'en débordant de la simple vie vécue : il faut la sortir du contexte, et la réinstaller dans un autre contexte (le blog), la décorer pour draguer les lecteurs, la dépecer parfois même, mentir dans les situations extrèmes.

On garde un même rythme, une même façon d'en parler jusqu'au jour où l'on se rend compte que la vie telle qu'on la suit ne fait plus assez sens, qu'elle ne correspond plus à des valeurs qu'on forge mentalement, à des choix qu'on fait, d'autres qu'on assume, d'autres enfin qu'on fuit.

Il y a trois ans, j'avais tout envoyé balader. Je n'en pouvais plus de vivre ma vie telle qu'elle l'était, j'étais enfoncé dans des rôles. Incapable de m'en désembourber. J'avais craché sur mes idoles, avais renvoyé la nostalgie au rang de tare, flingué tout ce(ux) que j'avais aimé(s). J'avais eu un mal de chien à faire tout cela, mais ce que j'avais en tête correspondait enfin aux faits.

J'ai vécu deux ans géniaux, parce que j'ai grandi et que j'ai reconstruit des choses en cohérence.
Un an enfin où j'ai l'impression d'avoir stagné et de m'être enfoncé jusqu'au cou dans des mensonges contradictoires.

J'ai, je crois, l'énorme défaut d'avoir besoin d'être entouré à l'excès. L'énorme défaut de jouer au brave type avec n'importe qui. L'énorme défaut de collectionner avec fierté les contacts. Je n'ai jamais été mû par un quelconque intérêt : seulement celui de me sentir apprécié. C'était une façon "non-bloguienne" de vérifier la valeur de ma vie : être apprécié était une preuve fiable et rassurante d'avoir une vie-qui-vaut-le-coup-(coût ?).

Je dois encore fonctionner sous ce régime puisque que je me sens obligé d'écrire ici pour que "cette nouvelle petite fin" ait une valeur aux yeux des gens qui lisent ce blog. Mais c'est la dernière fois (je l'espère) : je me suis rendu compte que j'ai fait beaucoup trop de mal à certaines personnes, que je m'en suis parfois fait beaucoup à moi-même, que j'ai menti à certaines personnes, que je n'ai pas su retenir des gens en qui j'avais vraiment confiance, et des gens qui m'appréciaient avec sincérité. Que j'ai blessé des gens qui devaient normalement être davantage qu'un simple onglet sur MSN.

Je crois que j'ai tout dit. C'est la fin d'une longue partie de ma vie. J'espère pouvoir tenir mes promesses. Et j'espère que personne ne devra en juger, que ma vie prendra sens pour moi seul et pour quelques personnes qui doivent être privilégiées.

Je dois dés-apprendre la vanité.

Je ne vais pas me montrer désagréable. Juste prendre du recul avec beaucoup de choses, prendre une distance avec quelques autres, et laisser définitivement le reste de côté.

lundi 25 août 2008

Ma future cabane en Suède

Je trouve que 4 mois de vacances, ça commence à faire beaucoup. Le temps est pourri, et je ne peux pas trop sortir car j'ai des obligations de merde à assurer : la CAF, le CROUS, Ikéa, et autres petites sournoiseries qui vous font ne pas dormir la nuit.
Voici le plan de ma future cabane au bord d'un fjord en Suède (je dis cabane parce que j'ai décidé d'habiter en France plus tard [à Paris je pense]). En orange, ce sera un mètre plus bas, ce seront les WC, le bureau, la chambre et la cuisine. En marron, des passages de rangement. En vert kaki au milieu, mon salon. Je ne sais pas quelles seront les dimensions mais j'engage déjà des gens pour venir m'aider à construire ça, disons d'ici 20 ans. Ca sera en bois, avec des coquilles de moule en guise d'isolation pour le sol, avec un toit plat où l'eau ne s'écoule pas (mais ça pourrira pas, grâce au soleil).
Quant au lieu, le voici : Halmstad (ou les environs).



Agrandir le plan

dimanche 24 août 2008

samedi 23 août 2008

De retour


Je suis rentré hier soir vers minuit.
A l'aéroport de Copenhague, j'ai vu deux pauvres meufs prendre des photos d'une Ferrari exposée.
Y'a aussi les businessmen à qui on a tout naturellement envie de mettre une grosse claque.
Je suis allé me baigner dans la Mer Baltique avant de partir. J'ai été tout seul, comme un grand, à vélo. Elle n'était pas trop froide.
L'avion qui roucoule sous la force du vent me faisait l'effet d'un "remember Spain Air". J'avais un voisin de l'UCLA qui faisait ses comptes et qui cachait dès que je louchais sur sa feuille.
J'ai liquidé mes dernières couronnes dans un truc contre le sida.
En sortant de la gare d'Odense, j'ai rencontré Tor, un mec de la communauté qui repartait vers Svendborg. Il m'a sauté dessus, j'avais envie de pleurer de bonheur.
Sofie, sa femme, m'a raccompagné à la gare et m'a dit avant de partir que j'étais un nice guy.
Elle m'a préparé des fruits séchés pour manger au midi, mais j'ai tout mangé dans le train pour Copenhague.
Tor m'a offert un bouquin de psychologie, que j'ai lu dans le train, vraiment intéressant.
J'ai piqué du gel douche Sanex dans la salle de bain de la ferme.
Je me suis promis de partir au Cap Nord avec quelqu'un (ou quelqu'une) l'année prochaine.

samedi 16 août 2008

Vent du diable

J'ai ete agressivement et subitement desinvite du mariage. Un mec de la ferme est venu me voir, l'air extremement gêne, en me disant que la mariee (que je n'ai jamais vue par ailleurs, qui est argentine en passant) ne voulaient pas d'invites inconnus. Il avait l'air si confus que j'ai fait semblant que j'avais d'autres choses a faire mais putain de merde, je vais rester seul dans une ferme d'un patelin d'un pays paume au nord de l'Europe. Je gache par la ma derniere occasion de voir de la blonde saoule.

Stine, une femme de la ferme avait l'air etonnee de cela, et par une sorte de pitie assez concevable, m'a laisse un poulet entier pour moi tout seul (j'aurais prefere qu'elle decide de rester pour me faire la conversation).
Johan, le type avec qui je bosse le plus souvent, s'est dit very angry.

Ca me rassure un peu, mais ca n'empeche rien a l'inevitable de ce soir : JE VAIS PASSER UNE GROSSE SOIREE DE MERDE.

jeudi 14 août 2008

Super theory of super everything


J'ai cette chanson dans la tête depuis ce matin.

Je n'ai que 14 minutes : je dois faire mon tour pour garder des moutons.

Mon cervelet a pris tres cher hier soir, j'ai encore du mal avec l'equilibre ce matin.

Je suis invite a un mariage samedi. C'est craignos mais ca m'enchante. Je reve du moment ou je dirai a une fille, a genou, et avec une bague que j'aurai confectionne a l'arrache : WOULD YOU MARRY ME BITCH ? Mais apres, je ne veux pas d'eglise ni de celebration. Une sorte de pacte subreptice.

La poule a meme pas hurle. Le mari l'a decapitee. Mais elle avait un super bon gout.

Je vais peut-être même assister a un accouchement.

(je prendrais des photos).

A bientôt.

mercredi 13 août 2008

Sælg ikke skindet før bjørnen er skudt

Je ne sais pas non plus ce que peut bien signifier cette citation. C'est un proverbe danois, et comme vous pouvez a peu pres le constater, ca ne ressemble a rien. C'est pourtant une langue douce, ou on n'a pas une impression de vomi (comme chez les allemands), juste d'un leger claquement de langue a chaque fin de mot.
Le temps d'ici est un temps de merde : du soleil pendant une heure puis cinq minutes de flotte qui viennent gâcher la journee. J'aide Johann, un type de la communaute a construire sa maison : je scie des bouts de bois et tire au Nailgun (pistolet a clous je suppose). Apres on leve le tout et je comprends la que je ne suis pas un type tres muscle. J'ai chaque fois l'impression qu'il porte tout le poids. Pia, sa petite amie avait ramene du poisson du port et moi qui deteste ca, j'en ai repris : un truc sale qu'on fout sur du pain noir, avec une pointe d'avocat et de persil. Ils font tout ecolo ici et je peux enfin avoir le plus grand plaisir sur terre : manger des patates sans enlever la peau : ca garde toujours un delicieux petit gout de terre.
Demain, je dois aider Stine, une femme (je dois preciser parce qu'ils ont des noms d'une etrangete... Une des femmes s'appelle même Gry, prononcer [Grrruuu]) a choper des moutons.

Je sais, j'ai un gros cul sur la photo et je sais vraiment pas pourquoi. J'espere juste que c'est un effet d'optique ou que c'est mon portefeuille.

Ce soir, ils font l'enterrement de vie de garcon, mais eux se deguisent pas en phallus. Le pauvre futur marie doit aller chercher une poule dans le poulailler, la tuer, et la faire cuire sur le feu, dans le tipi. Je suis presse d'y etre.

Vendredi, je sors a Svendborg avec Johan. Matter de la blonde (bien entendu).

Je sais, c'est d'un passionnant.

vendredi 8 août 2008

''You are a hard-worker''


On m'a dit cela aujourd'hui. Ca fait tout bizarre de devoir parler anglais h24. Je me rends aussi compte que 1) c'est toujours plus facile a (desole, pas d'accent ici, mais on nous gratifie de quelques magnifiques lettres : åæø entr'autres) ecrire qu'a parler la langue de shakespeare 2) le pain blanc est toujours plus comestible que le pain noir. 3) l'on parle mieux anglais quand on a bu. 4) je dois être physiquement (allez savoir si c'est de la pretention ou non...) assez proche du scandinave puisque personne (le gothique qui m'a demande des piles dans le train, mon voisin d'avion que je croyais francais au debut, la jolie jeune fille qui m'a renverse de l'eau gazeuse sur la chemise (j'aurais prefere un petit coup de chiffon ailleurs [et la j'espere que mon pere ou mon frere ne vont pas passer sur mon blog]), les petits de Hundstrup qui doivent me croire muet ou debile mental puisque je ne leur reponds jamais autre chose que Hej !!!, le chintok qui m'a demande un truc dans une langue assez douteuse et un vieux cycliste qui a ironise sur le poids de mon sac) ne s'est adresse a moi en anglais. Enfin, si j'etais noir et que je passais par la, il me parlerait surement aussi en danois, puisqu'il n'y a, comme le chacun le sait, que moi pour aller au Danemark (Tu preferes pas le sud ? ou les Oh le danemark je vois pas pourquoi ca te tente...). Oui, je prefere la suede au danemark mais faut un permis pour bosser la-bas ( et il n'y a pas d'eco-villages).

Toujours est-il que j'ai ecrase force araignees aujourd'hui, que j'ai donne avec delectation (des fois, ca fait du bien de pas avoir les accents !!!) un grand coup de pelle a une limace qui s'est ensuite videe de son contenu (de la bave je crois). Je faisais ca en secret, entre deux compliments sur mon k-way et quelques Nice job Guillaume ! Quand j'ai voulu ecraser un escargot avec mes pieds, un mec est arrive. Il a du se dire que j'etais un sacre gogol. Bref, je me suis un peu ennuye, j'ai faim et suis presse de trouver un velo pour aller me chercher un bon gros mac do.

Demain, c'est la fete du village ; j'avais vomi l'annee derniere alors ils m'ont demande si je voulais encore tenir le bar demain soir (meme si je ne sers que des anglophones). Seul bemol, je vais peut-être devoir laisser la petite chambre que j'occupe a une famille et dormir dans un tipi (avec la chance que j'ai, je risque de le partager avec un gros fermier gay et veuf...).

Je laisse la cette passionnante narration : j'ai mes calecons qui sechent dehors et j'ai peur que les gosses ne les prennent pour des drapeaux (ou pire encore...).

PS : j'ai pris en photo un taureau a plumes. Bientot en ligne...

mardi 5 août 2008

At least, far away to myself


Bravofly c'est le nom d'une agence de voyages sur internet, dont tous les vols sont à 49 euros. Alors on saute de joie dessus, on tire la carte bleue de son portefeuille et on se dépêche d'acheter. Appel le lendemain en numéro inconnu. Fatigué, pas envie de répondre, je laisse le vibreur vibrer, l'appel appeler pour qu'il finisse dans le caniveau du répondeur. Il a pas dû être déçu le bougre, j'y chante Get Around des Beach Boys avec Le Duc. Aucun message laissé. Second appel plus tard, je décroche : Bravofly, c'était pour vous dire que (COMME PAR HASARD), l'opérateur [ndrl : KLM] a subitement augmenté ses tarifs. C'est cent-vingt euros de plus ! C'était 100 euros Bruxelles - Copenhague aller/retour, j'y croyais difficilement, mais comme ils n'avaient débité que 100 euros sur la carte bleue, je finissais doucement pas me convaincre de leur philanthropie.
Bref, j'ai fini par trouver moins cher, mais presque cher. Je pars demain matin, un train à Calais direction Lille, puis un autre vers Bruxelles. Enfin, un avion vers Copenhague où je passerai une soirée. Puis après une cuite dans un bar (je dis ça mais j'espère vraiment que je surpasserai ma timidité, même si l'alcool au Danemark est ultra cher), une nuit là-bas, je m'en vais vers Odense, puis un dernier train vers Svendborg. Puis du bus, où faudra que je fasse gaffe à demander au chauffeur de s'arrêter à la Vester Skerninge Skole (je suis obligé de l'écrire sur un bout de papier et de leur montrer, car j'ai une prononciation assez difficile du danois, ou plutôt, je découvre chaque jour des prononciations). Enfin, une dizaine de kilomètres à pied, sous le soleil j'espère. Des fois, je disais rien au conducteur et j'attendais d'être conduit au bon endroit, contraint ensuite de prendre un bout de papier dans mon sac et de faire du stop pour retrouver mes pas. Je faisais souvent du stop là-bas, en tombant surtout sur des vieilles (à mon désespoir) et des agriculteurs.
J'y vais quinze jours, je reviens le 22, encore à Bruxelles.
Je devais aller jusque la Norvège, mais c'est trop juste. 200 euros de plus pour une semaine, c'est presque inutile. Mais je prévois déjà mon été prochain.
J'aimerais trop, plus tard, acheter une cabane au loin, une cabane avec un minimum de confort, pas loin d'un fjord, et y aller de temps en temps. Pas forcément pour être là-bas, juste parce que j'aime l'idée de partir d'ici, et d'y revenir ensuite, après quelque chose comme un passage à vide.
J'aurais sûrement une connexion là-bas, donc je viendrai mettre deux-trois trucs si je le peux, si j'ai le temps, et si j'en ai l'envie.

lundi 4 août 2008

samedi 2 août 2008

El Duce


Comment peut-on empêcher une grosse dame de chanter quand on a oublié sa mitraillette ?

jeudi 31 juillet 2008

Far away to myself in København



Je passe mon temps devant mon écran. Je suis allé en vitesse à la plage. J'ai vu un truc qui cramait au loin et un abruti de calaisien qui disait que c'était là où sont les immigrés et que comme ça ils ne reviendront plus. Alors, accuser les immigrés d'aussi loin (j'étais à Blériot) alors que finalement, ça brûlait au port, c'est déjà pas génial. Ensuite, croire que ça va les faire repartir, ça l'est pas tellement plus. Bref, j'essaie de chercher des vols pas chers pour la Scandinavie. J'ai un moment pensé à l'option bus (départ Paris à 19h, arrivée Kolding à 11h le lendemain...) puis à l'option train (Paris - Oslo en 27 heures avec changement tous les trois heures...) mais ça revient au même prix pour des heures de transpiration.
J'ai reçu un mail d'une ferme Norvégienne ce matin, pas loin d'Oslo, prête à m'accueillir quelques jours. Alors depuis ce matin, je ne pense qu'à ça, et à comment je vais bien pouvoir faire.

Bruxelles - Copenhague puis Copenhague - Oslo (moins cher que Paris - Oslo). 10 jours là-bas puis retour à Copenhague, direction Odense (qui se prononce assez sèchement [Oune-seuh]) puis Svenborg. Me resterait que vingt minutes de bus et dix kilomètres à pattes, un gros sac sur le dos.

J'étais allé une vingtaine de jours au Danemark l'année dernière ; j'étais parti sur un coup de tête parce que je me faisais chier à Calais. Tout seul, parce que c'est le meilleur moyen de ne pas être trop chargé : quand on est seuls, l'on est responsable que de soi. Être avec quelqu'un, c'est prendre le risque qu'il soit déçu, c'est charger sur son dos la responsabilité de l'autre (je ne vous parle pas de ses envies et de l'affreuse peur qu'il s'ennuie). Je me levais assez tôt, je bossais toute la journée, et je mangeais avec eux le soir, puis je buvais une bonne bière écolo avec quelqu'un de la communauté. Tout seul, c'est aussi le moyen de rencontrer des gens, d'aller vers les autres.
J'étais effrayé à l'arrivée à Kastrup, l'aéroport de Copenhague. Langue illisible, panneaux incompréhensibles. Mais je l'avais mérité. J'ai un peu soufflé, un peu déprimé, avant de me dire que je m'étais mis dans la merde tout seul au final. J'avais plus le choix alors j'ai pris un train presque au hasard, puis un autre. Je ne savais pas vraiment où j'allais, j'avais même pas étudié les cartes, je connaissais le Danemark que de souvenir (2-3 voyages en Suède avec papa-maman). J'ai fini par être repêché par un mec de la communauté, qui m'avait reconnu (je leur avais envoyé une photo de moi), qui passait là par hasard, et qui m'a un peu sauvé la mise.

J'ai vomi à la fête du village de Hundstrup.

Une fois, j'étais entré dans un tracteur. Je n'ai pas réussi à le ré-ouvrir. Je ne sais pas combien de temps je suis resté à l'intérieur. La seule chose que je sais, c'est que le soleil avait eu le temps de bien bouger avant qu'un mec ne vienne m'ouvrir...

mercredi 30 juillet 2008

La bedaine, le gros roux, et le fruit des entrailles de sa grosse (Chronique balnéaire)


Sangatte, sur le grand escalier qui croque la dune. J'accroche difficilement mon vélo à un poteau ; là passe un grand gros roux, maillot du RC Lens, barbe rouge de trois jours ; dans ses pattes, un petit mioche blond qui pleure. Jusqu'à une ultime concentration au sommet :

- Y'a de la merde à terre. Faut pas marcher dedans.
- Pourquoi ?
- Ba parce qu'après tu vas être sale et tu vas puer

- Qui ? Moi ?

Sandales romaines


Mon père a eu une nouvelle manie. C'était pour mon grand-père à la base, avant que mon père ne se rende compte qu'il ne faisait pas du 46. Je vais à la plage là, et je redoute vraiment. Pire que le regard des petits vieux sur mes dreadlocks, le regard des jeunes sur mes sandalettes.

lundi 28 juillet 2008

L'homme est égoïste, l'homme recherche le profit, et bla bla bla, et bla bla bla


Deux blagues grecques avant d'écrire un truc emmerdant (il fait orage, je suis allé à la plage, et quand j'ai vu le ciel noir vers là où j'habite, je suis sorti dare-dare de l'eau ; comprenez : je n'ai rien à faire). Toujours tirées (les blagues) du Philogelos à 3 euros :
- n°235 : c'est un homme ayant mauvaise haleine qui rencontre un médecin et qui dit : docteur, regardez ! j'ai la luette qui est descendue. Sur quoi, il ouvre la bouche. Le médecin détourne alors la tête en disant : ce n'est pas ta luette qui est descendue, c'est ton anus qui est remonté...
- n°231 : c'est un homme ayant mauvaise haleine qui, voulant mourir d'une mort toute personnelle, s'enveloppe la tête dans un linge et ouvre grand la bouche.

Plus sérieusement maintenant : mon frère me racontait que son cours d'économie de Sciences Po avait commencé d'une pareille manière : alors, d'abord qu'est-ce que l'économie ? C'est la science du comportement humain.
Ce qui est gênant ici, ça n'est pas qu'on tienne une position aussi pleine et décomplexée dans un si saint lieu, ça n'est pas non plus qu'on dise cela à des étudiants du haut d'une estrade (l'estrade, ça n'est rien d'autre que le savoir, ou sa préfiguration), c'est qu'on finisse par la dire comme si elle était une évidence, comme si elle n'avait rien de problématique, comme si enfin, on pouvait jeter anthropologie (qui pourtant devrait légitimement et étymologiquement supporter le poids d'être garante d'un savoir sur l'homme), sociologie, psychologie à la poubelle, peut-être même faire mine qu'il n'y a au sein de ces disciplines plus aucun débat, que la conclusion est univoque, que les spécialistes, après deux milles cinq cents ans de débat, ont trouvé la réponse à la question : qu'est-ce qui motive l'homme ? plus largement, qu'est-ce qui, au fond du fond, nous anime ?

Je ne veux pas chercher à affronter une théorie du choix rationnel, d'abord parce que je n'en serai pas capable, ensuite parce que, contrairement à ce que l'on pourrait croire, le débat n'est pas clos, et affreux paradoxe, l'homme ne semble pas être complètement rationnel, ou en tout cas, dire qu'il y a congruance entre comportement de choix et comportement économique est TRES problématique. Simple retour de flamme : le slogan vivre d'amour et d'eau fraîche, qui est certes une sorte d'idéal quasi-irréalisable, témoigne d'une préférence non-rationnelle. On trouvera certainement sur terre, un exemple (n'en serait-ce qu'un) qui invaliderait l'idée que tout comportement humain se fait dans un haut degré de calcul et de rationalité : Diogène ou votre pote qui préfère sa dulcinée à tous des plans de carrière minables (et il a sûrement, à court terme, puisque c'est à court terme qu'il réfléchit [qu'il fait des choix] RAISON). Alors, non, l'économie n'est sûrement pas la science du comportement humain. Peut-être celle de quelques personnes sur terre.

Quand je préparais ma candidature pour Paris, j'étais allé voir un prof qui me présentait un peu la philosophie cognitive avec quelques idées. L'une d'entr'elles, je la trouvais vraiment marrante, et je ressortai de son bureau en me disant merde, il a raison.
L'idée à laquelle vous tenez le plus (je suis sûr/certain que alpha) est l'idée sur laquelle vous mettrez naturellement le plus d'argent en jeu.
En sortant, je m'étais mis à croire que la certitude, que la conviction, que la force qui existe entre un individu et une position (j'aime bien appeler ça doxastique, ça évite d'adopter un point de vue objectivant ou subjectivant. Doxa-stique, ou ensemble des idées qu'un individu tient pour vraies, et ensemble des idées qu'il tient pour fausses) peut s'exprimer en des termes de profit. Plus le profit est important, plus la tension entre l'individu et la position est forte, plus il sera enclin à dire je pense que ceci ou cela. J'ai, je l'avoue, mis un petit moment à comprendre qu'on pouvait remplacer argent par chocolat, strip-teaseuses, douche bien chaude, bref, tout ce que l'homme peut désirer, en général.

Je sais, c'est brouillon et pourtant, ça peut se résumer en une petite phrase : méfions-nous des idées sur LA nature humaine.

dimanche 27 juillet 2008

samedi 26 juillet 2008

259


C'est un homme spirituel qui revient d'un voyage au cours duquel il a développé un oedème aux testicules. Quand il rentre chez lui, sa femme lui demande ce qu'il a ramené : pour toi personnellement, rien, répond-il, mais pour tes cuisses, un coussin.
Philogelos, Editions Mille et Une Nuits, 3 € (et au moins 3 de trop)

vendredi 25 juillet 2008

L'obésité est une bonne chose car les enfants gros sont plus durs à kidnapper


J'écoute Sale Petit Bonhomme de Brassens, en boucle. C'est la chanson de rupture la plus belle du monde. Je la chante les larmes aux yeux dans ma salle de bain. Je n'aimais pas trop Brassens avant. Je préférais lire du Rimbaud, écouter Nirvana, et presque croire que Cobain était un Rimbaud. Cobain n'avait rien de Rimbaud, peut être juste le même genre de vie merdique (comme Nietzsche et Kierkegaard). Maintenant, je lis Verlaine, j'écoute Brassens, je feuillette même parfois le Musset que m'a offert M. lorsqu'elle était passée par hasard par Lille, entre deux longs voyages en Allemagne. J'avais appris par coeur La Bonne Chanson en octobre dernier, pour la chanter sur du ukulélé, l'encoder vite fait en *.mp3 et l'offrir en gage à B., comme les 3/4 des chansons que j'ai faites. Je ne sais pas faire de la musique, mais j'ai l'affreuse prétention de croire que mes petites chansonnettes ont un soupçon d'âme. Mais je suis fâché contre elle ce soir, pour encore au moins deux semaines. Même si mon portable vibrait il y a quelques instants, même si s'affichait son numéro que j'ai effacé tant de fois, mais que je connais par coeur depuis longtemps.

Un jour, je me suis vomi dessus. Dans le parc Richelieu. Je rivalise de tare avec les mendiants.

Aujourd'hui, j'ai voulu lober le gardien, j'ai foutu le ballon dix mètres au-dessus, il est tombé dans l'eau de la citadelle. Mais ça coûte trop cher d'aller chercher un bateau. Alors je me suis dépêché en vélo, en acheter un autre. Vingt euros, un de l'UEFA, un tchou bio. Après, je suis allé à la plage. Mais pas me baigner. Et en fait, je suis musclé (quand même).

Je vais être (normalement) publié en janvier 09. Pour un petit article sur un bouquin de Albino Lanciani. Il y flingue les sciences cognitives. Je vais devoir le cacher aux gens de l'EHESS, leur dire que c'est l'erreur de jeunesse qu'on fait tous. Je pensais aller voir Dan Sperber avec tous les arguments de Lanciani, et de lui demander de le flinguer en retour. Que mon article ait quelque chose de neutre, qu'on me fâche pas avec les phénoménologues, qu'on laisse ma nouvelle petite carrière intellectuelle de naturaliste-cogniticien durer encore quelques mois.

Mais j'aurais sans doute oublié ces histoires, si je n'avais pas à renouveler la première page de mon blog.

Le nouveau détective

jeudi 24 juillet 2008

Monster in Love


Je veux habiter en Suède, être avec une fille que j'aime, et bosser quelques heures par jour. J'oublie même le coca-cola s'il faut que ce soit simple, claire, que ça fasse comme un joyeux petit motto. A girl, a worthy job, and a great great landscape where I could be lonesome like a cowboy two hours a day.
J'ai affreusement peur de devenir marginal. Je suis content d'avoir échoué dans tous mes projets musicaux et artistiques en général, d'avoir été chaque fois trop nul, de n'avoir pas été ce fittest qui gagne à la sélection. Je ne pourrais jamais devenir artiste, et même si j'avais un talent. Les artistes ont trop le temps de penser. Ils en oublient presque de vivre.
Je n'ai pas envie de dire que dans ma psyché, je me montre au doigt.
J'ai juste envie de m'amuser, de plaire, et qu'on me plaise, de ne jamais me lasser, et qu'on ne se lasse jamais.
J'ai envie de dire sur mon lit de mort la même chose qu'avait dit Wittgenstein sur le sien : j'ai eu une vie formidable.
J'ai envie que Maxime Carpentier fasse un salto avant que je meure. J'ai aussi envie qu'il meure avant moi, pour avoir le tendre plaisir de son enterrement. Et là, de rire très fort, parce que c'était vraiment le roi des cons.
J'ai une peur affreuse de perdre quelques personnes, de ne pas les voir dessiner les contours de ma vie. Poil au...

Le premier rasoir de Natacha (II)


Les filles le savent. Il suffit toujours d'une seule fois : la bagnole qui vient vous manger la gueule, un clodo qui vous prend près de la terrasse d'un café vermiteux et qui vous emmène vers plus miteux encore, un coup de poing au coeur qui vous fait devenir l'esclave d'un être trop différent.
Natacha n'a pas utilisé de mousse. Elle s'était éraflée la lèvre. Le sang coulait dans le lavabo. Mais douce consolation, avait disparue la petite laine qui logeait sous sa truffe.
Elle avait si bien dormi ce soir-là qu'elle n'avait pas même pleuré son amour perdu.

Mais les histoires,
Avec un mot en -oir
Finissent mal,
En général.

C'était devenu dru.

Quel plaisir de lui dire le lendemain : "MAIS TU PIQUES PETITE SALOPE !"

Le premier rasoir de Natacha (I)


Quand elle eut dix-sept ans, que du duvet un peu jaune vint se poser juste dessous son nez, Natacha s'attardait de longs soirs à déplier, replier puis ranger les quelques poils qui lui gâchaient bientôt la frimousse.
Sa mère n'en disait presque rien. Elle avait elle aussi une jolie petite moustachette qu'elle dissimulait sous quatre grammes de fond de teint. Et puis les vieux s'en foutent, les maris passent leur langue dessus parfois. Il y a la petite mort qui vient sonner près du bas ventre, mais il y en a encore une plus petite juste en dessous du museau.
Mais moi je n'aime pas cela. Je n'aime pas Natacha ainsi. Je ne l'aime pas du tout d'ailleurs, elle et son teint blanc-mort, sa voix claire comme le cri d'un chat émasculé.

Hier, je lui ai offert son premier rasoir.