
Quand elle eut dix-sept ans, que du duvet un peu jaune vint se poser juste dessous son nez, Natacha s'attardait de longs soirs à déplier, replier puis ranger les quelques poils qui lui gâchaient bientôt la frimousse.
Sa mère n'en disait presque rien. Elle avait elle aussi une jolie petite moustachette qu'elle dissimulait sous quatre grammes de fond de teint. Et puis les vieux s'en foutent, les maris passent leur langue dessus parfois. Il y a la petite mort qui vient sonner près du bas ventre, mais il y en a encore une plus petite juste en dessous du museau.
Mais moi je n'aime pas cela. Je n'aime pas Natacha ainsi. Je ne l'aime pas du tout d'ailleurs, elle et son teint blanc-mort, sa voix claire comme le cri d'un chat émasculé.
Hier, je lui ai offert son premier rasoir.
