
J'écoute Sale Petit Bonhomme de Brassens, en boucle. C'est la chanson de rupture la plus belle du monde. Je la chante les larmes aux yeux dans ma salle de bain. Je n'aimais pas trop Brassens avant. Je préférais lire du Rimbaud, écouter Nirvana, et presque croire que Cobain était un Rimbaud. Cobain n'avait rien de Rimbaud, peut être juste le même genre de vie merdique (comme Nietzsche et Kierkegaard). Maintenant, je lis Verlaine, j'écoute Brassens, je feuillette même parfois le Musset que m'a offert M. lorsqu'elle était passée par hasard par Lille, entre deux longs voyages en Allemagne. J'avais appris par coeur La Bonne Chanson en octobre dernier, pour la chanter sur du ukulélé, l'encoder vite fait en *.mp3 et l'offrir en gage à B., comme les 3/4 des chansons que j'ai faites. Je ne sais pas faire de la musique, mais j'ai l'affreuse prétention de croire que mes petites chansonnettes ont un soupçon d'âme. Mais je suis fâché contre elle ce soir, pour encore au moins deux semaines. Même si mon portable vibrait il y a quelques instants, même si s'affichait son numéro que j'ai effacé tant de fois, mais que je connais par coeur depuis longtemps.
Un jour, je me suis vomi dessus. Dans le parc Richelieu. Je rivalise de tare avec les mendiants.
Aujourd'hui, j'ai voulu lober le gardien, j'ai foutu le ballon dix mètres au-dessus, il est tombé dans l'eau de la citadelle. Mais ça coûte trop cher d'aller chercher un bateau. Alors je me suis dépêché en vélo, en acheter un autre. Vingt euros, un de l'UEFA, un tchou bio. Après, je suis allé à la plage. Mais pas me baigner. Et en fait, je suis musclé (quand même).
Je vais être (normalement) publié en janvier 09. Pour un petit article sur un bouquin de Albino Lanciani. Il y flingue les sciences cognitives. Je vais devoir le cacher aux gens de l'EHESS, leur dire que c'est l'erreur de jeunesse qu'on fait tous. Je pensais aller voir Dan Sperber avec tous les arguments de Lanciani, et de lui demander de le flinguer en retour. Que mon article ait quelque chose de neutre, qu'on me fâche pas avec les phénoménologues, qu'on laisse ma nouvelle petite carrière intellectuelle de naturaliste-cogniticien durer encore quelques mois.
Mais j'aurais sans doute oublié ces histoires, si je n'avais pas à renouveler la première page de mon blog.
