Je n'aime pas énormément la psychanalyse, et tout ce qui ressemble à de l'interprétation frustrée et forcée des événements.
Ceci est mon dernier message sur ce blog, même si j'ai -au fond- énormément besoin d'un lieu où dire ce que j'ai envie de dire, d'un endroit où raconter ma vie, comme pour espérer qu'elle ait une valeur. Je pense au fond que tous les gens qui ont un blog veulent cette même chose : montrer que leur vie, dans sa cohérence, se développe avec valeur et sens. J'ai toujours eu besoin de cela : je voulais que tout ce qui se passe dans ma vie puisse objectivement valoir le coup. J'ai toujours voulu que mes valeurs soient des valeurs respectables. Et elles n'acquièrent ce respect qu'en débordant de la simple vie vécue : il faut la sortir du contexte, et la réinstaller dans un autre contexte (le blog), la décorer pour draguer les lecteurs, la dépecer parfois même, mentir dans les situations extrèmes.
On garde un même rythme, une même façon d'en parler jusqu'au jour où l'on se rend compte que la vie telle qu'on la suit ne fait plus assez sens, qu'elle ne correspond plus à des valeurs qu'on forge mentalement, à des choix qu'on fait, d'autres qu'on assume, d'autres enfin qu'on fuit.
Il y a trois ans, j'avais tout envoyé balader. Je n'en pouvais plus de vivre ma vie telle qu'elle l'était, j'étais enfoncé dans des rôles. Incapable de m'en désembourber. J'avais craché sur mes idoles, avais renvoyé la nostalgie au rang de tare, flingué tout ce(ux) que j'avais aimé(s). J'avais eu un mal de chien à faire tout cela, mais ce que j'avais en tête correspondait enfin aux faits.
J'ai vécu deux ans géniaux, parce que j'ai grandi et que j'ai reconstruit des choses en cohérence.
Un an enfin où j'ai l'impression d'avoir stagné et de m'être enfoncé jusqu'au cou dans des mensonges contradictoires.
J'ai, je crois, l'énorme défaut d'avoir besoin d'être entouré à l'excès. L'énorme défaut de jouer au brave type avec n'importe qui. L'énorme défaut de collectionner avec fierté les contacts. Je n'ai jamais été mû par un quelconque intérêt : seulement celui de me sentir apprécié. C'était une façon "non-bloguienne" de vérifier la valeur de ma vie : être apprécié était une preuve fiable et rassurante d'avoir une vie-qui-vaut-le-coup-(coût ?).
Je dois encore fonctionner sous ce régime puisque que je me sens obligé d'écrire ici pour que "cette nouvelle petite fin" ait une valeur aux yeux des gens qui lisent ce blog. Mais c'est la dernière fois (je l'espère) : je me suis rendu compte que j'ai fait beaucoup trop de mal à certaines personnes, que je m'en suis parfois fait beaucoup à moi-même, que j'ai menti à certaines personnes, que je n'ai pas su retenir des gens en qui j'avais vraiment confiance, et des gens qui m'appréciaient avec sincérité. Que j'ai blessé des gens qui devaient normalement être davantage qu'un simple onglet sur MSN.
Je crois que j'ai tout dit. C'est la fin d'une longue partie de ma vie. J'espère pouvoir tenir mes promesses. Et j'espère que personne ne devra en juger, que ma vie prendra sens pour moi seul et pour quelques personnes qui doivent être privilégiées.
Je dois dés-apprendre la vanité.
Je ne vais pas me montrer désagréable. Juste prendre du recul avec beaucoup de choses, prendre une distance avec quelques autres, et laisser définitivement le reste de côté.
lundi 25 août 2008
Ma future cabane en Suède
Je trouve que 4 mois de vacances, ça commence à faire beaucoup. Le temps est pourri, et je ne peux pas trop sortir car j'ai des obligations de merde à assurer : la CAF, le CROUS, Ikéa, et autres petites sournoiseries qui vous font ne pas dormir la nuit.
Voici le plan de ma future cabane au bord d'un fjord en Suède (je dis cabane parce que j'ai décidé d'habiter en France plus tard [à Paris je pense]). En orange, ce sera un mètre plus bas, ce seront les WC, le bureau, la chambre et la cuisine. En marron, des passages de rangement. En vert kaki au milieu, mon salon. Je ne sais pas quelles seront les dimensions mais j'engage déjà des gens pour venir m'aider à construire ça, disons d'ici 20 ans. Ca sera en bois, avec des coquilles de moule en guise d'isolation pour le sol, avec un toit plat où l'eau ne s'écoule pas (mais ça pourrira pas, grâce au soleil).
Quant au lieu, le voici : Halmstad (ou les environs).
Agrandir le plan
Voici le plan de ma future cabane au bord d'un fjord en Suède (je dis cabane parce que j'ai décidé d'habiter en France plus tard [à Paris je pense]). En orange, ce sera un mètre plus bas, ce seront les WC, le bureau, la chambre et la cuisine. En marron, des passages de rangement. En vert kaki au milieu, mon salon. Je ne sais pas quelles seront les dimensions mais j'engage déjà des gens pour venir m'aider à construire ça, disons d'ici 20 ans. Ca sera en bois, avec des coquilles de moule en guise d'isolation pour le sol, avec un toit plat où l'eau ne s'écoule pas (mais ça pourrira pas, grâce au soleil).
Quant au lieu, le voici : Halmstad (ou les environs).
Agrandir le plan
dimanche 24 août 2008
samedi 23 août 2008
De retour

Je suis rentré hier soir vers minuit.
A l'aéroport de Copenhague, j'ai vu deux pauvres meufs prendre des photos d'une Ferrari exposée.
Y'a aussi les businessmen à qui on a tout naturellement envie de mettre une grosse claque.
Je suis allé me baigner dans la Mer Baltique avant de partir. J'ai été tout seul, comme un grand, à vélo. Elle n'était pas trop froide.
L'avion qui roucoule sous la force du vent me faisait l'effet d'un "remember Spain Air". J'avais un voisin de l'UCLA qui faisait ses comptes et qui cachait dès que je louchais sur sa feuille.
J'ai liquidé mes dernières couronnes dans un truc contre le sida.
En sortant de la gare d'Odense, j'ai rencontré Tor, un mec de la communauté qui repartait vers Svendborg. Il m'a sauté dessus, j'avais envie de pleurer de bonheur.
Sofie, sa femme, m'a raccompagné à la gare et m'a dit avant de partir que j'étais un nice guy.
Elle m'a préparé des fruits séchés pour manger au midi, mais j'ai tout mangé dans le train pour Copenhague.
Tor m'a offert un bouquin de psychologie, que j'ai lu dans le train, vraiment intéressant.
J'ai piqué du gel douche Sanex dans la salle de bain de la ferme.
Je me suis promis de partir au Cap Nord avec quelqu'un (ou quelqu'une) l'année prochaine.
samedi 16 août 2008
Vent du diable
J'ai ete agressivement et subitement desinvite du mariage. Un mec de la ferme est venu me voir, l'air extremement gêne, en me disant que la mariee (que je n'ai jamais vue par ailleurs, qui est argentine en passant) ne voulaient pas d'invites inconnus. Il avait l'air si confus que j'ai fait semblant que j'avais d'autres choses a faire mais putain de merde, je vais rester seul dans une ferme d'un patelin d'un pays paume au nord de l'Europe. Je gache par la ma derniere occasion de voir de la blonde saoule.
Stine, une femme de la ferme avait l'air etonnee de cela, et par une sorte de pitie assez concevable, m'a laisse un poulet entier pour moi tout seul (j'aurais prefere qu'elle decide de rester pour me faire la conversation).
Johan, le type avec qui je bosse le plus souvent, s'est dit very angry.
Ca me rassure un peu, mais ca n'empeche rien a l'inevitable de ce soir : JE VAIS PASSER UNE GROSSE SOIREE DE MERDE.
Stine, une femme de la ferme avait l'air etonnee de cela, et par une sorte de pitie assez concevable, m'a laisse un poulet entier pour moi tout seul (j'aurais prefere qu'elle decide de rester pour me faire la conversation).
Johan, le type avec qui je bosse le plus souvent, s'est dit very angry.
Ca me rassure un peu, mais ca n'empeche rien a l'inevitable de ce soir : JE VAIS PASSER UNE GROSSE SOIREE DE MERDE.
jeudi 14 août 2008
Super theory of super everything

J'ai cette chanson dans la tête depuis ce matin.
Je n'ai que 14 minutes : je dois faire mon tour pour garder des moutons.
Mon cervelet a pris tres cher hier soir, j'ai encore du mal avec l'equilibre ce matin.
Je suis invite a un mariage samedi. C'est craignos mais ca m'enchante. Je reve du moment ou je dirai a une fille, a genou, et avec une bague que j'aurai confectionne a l'arrache : WOULD YOU MARRY ME BITCH ? Mais apres, je ne veux pas d'eglise ni de celebration. Une sorte de pacte subreptice.
La poule a meme pas hurle. Le mari l'a decapitee. Mais elle avait un super bon gout.
Je vais peut-être même assister a un accouchement.
(je prendrais des photos).
A bientôt.
mercredi 13 août 2008
Sælg ikke skindet før bjørnen er skudt
Je ne sais pas non plus ce que peut bien signifier cette citation. C'est un proverbe danois, et comme vous pouvez a peu pres le constater, ca ne ressemble a rien. C'est pourtant une langue douce, ou on n'a pas une impression de vomi (comme chez les allemands), juste d'un leger claquement de langue a chaque fin de mot.Le temps d'ici est un temps de merde : du soleil pendant une heure puis cinq minutes de flotte qui viennent gâcher la journee. J'aide Johann, un type de la communaute a construire sa maison : je scie des bouts de bois et tire au Nailgun (pistolet a clous je suppose). Apres on leve le tout et je comprends la que je ne suis pas un type tres muscle. J'ai chaque fois l'impression qu'il porte tout le poids. Pia, sa petite amie avait ramene du poisson du port et moi qui deteste ca, j'en ai repris : un truc sale qu'on fout sur du pain noir, avec une pointe d'avocat et de persil. Ils font tout ecolo ici et je peux enfin avoir le plus grand plaisir sur terre : manger des patates sans enlever la peau : ca garde toujours un delicieux petit gout de terre.
Demain, je dois aider Stine, une femme (je dois preciser parce qu'ils ont des noms d'une etrangete... Une des femmes s'appelle même Gry, prononcer [Grrruuu]) a choper des moutons.
Je sais, j'ai un gros cul sur la photo et je sais vraiment pas pourquoi. J'espere juste que c'est un effet d'optique ou que c'est mon portefeuille.
Ce soir, ils font l'enterrement de vie de garcon, mais eux se deguisent pas en phallus. Le pauvre futur marie doit aller chercher une poule dans le poulailler, la tuer, et la faire cuire sur le feu, dans le tipi. Je suis presse d'y etre.
Vendredi, je sors a Svendborg avec Johan. Matter de la blonde (bien entendu).
Je sais, c'est d'un passionnant.
vendredi 8 août 2008
''You are a hard-worker''

On m'a dit cela aujourd'hui. Ca fait tout bizarre de devoir parler anglais h24. Je me rends aussi compte que 1) c'est toujours plus facile a (desole, pas d'accent ici, mais on nous gratifie de quelques magnifiques lettres : åæø entr'autres) ecrire qu'a parler la langue de shakespeare 2) le pain blanc est toujours plus comestible que le pain noir. 3) l'on parle mieux anglais quand on a bu. 4) je dois être physiquement (allez savoir si c'est de la pretention ou non...) assez proche du scandinave puisque personne (le gothique qui m'a demande des piles dans le train, mon voisin d'avion que je croyais francais au debut, la jolie jeune fille qui m'a renverse de l'eau gazeuse sur la chemise (j'aurais prefere un petit coup de chiffon ailleurs [et la j'espere que mon pere ou mon frere ne vont pas passer sur mon blog]), les petits de Hundstrup qui doivent me croire muet ou debile mental puisque je ne leur reponds jamais autre chose que Hej !!!, le chintok qui m'a demande un truc dans une langue assez douteuse et un vieux cycliste qui a ironise sur le poids de mon sac) ne s'est adresse a moi en anglais. Enfin, si j'etais noir et que je passais par la, il me parlerait surement aussi en danois, puisqu'il n'y a, comme le chacun le sait, que moi pour aller au Danemark (Tu preferes pas le sud ? ou les Oh le danemark je vois pas pourquoi ca te tente...). Oui, je prefere la suede au danemark mais faut un permis pour bosser la-bas ( et il n'y a pas d'eco-villages).
Toujours est-il que j'ai ecrase force araignees aujourd'hui, que j'ai donne avec delectation (des fois, ca fait du bien de pas avoir les accents !!!) un grand coup de pelle a une limace qui s'est ensuite videe de son contenu (de la bave je crois). Je faisais ca en secret, entre deux compliments sur mon k-way et quelques Nice job Guillaume ! Quand j'ai voulu ecraser un escargot avec mes pieds, un mec est arrive. Il a du se dire que j'etais un sacre gogol. Bref, je me suis un peu ennuye, j'ai faim et suis presse de trouver un velo pour aller me chercher un bon gros mac do.
Demain, c'est la fete du village ; j'avais vomi l'annee derniere alors ils m'ont demande si je voulais encore tenir le bar demain soir (meme si je ne sers que des anglophones). Seul bemol, je vais peut-être devoir laisser la petite chambre que j'occupe a une famille et dormir dans un tipi (avec la chance que j'ai, je risque de le partager avec un gros fermier gay et veuf...).
Je laisse la cette passionnante narration : j'ai mes calecons qui sechent dehors et j'ai peur que les gosses ne les prennent pour des drapeaux (ou pire encore...).
PS : j'ai pris en photo un taureau a plumes. Bientot en ligne...
mardi 5 août 2008
At least, far away to myself

Bravofly c'est le nom d'une agence de voyages sur internet, dont tous les vols sont à 49 euros. Alors on saute de joie dessus, on tire la carte bleue de son portefeuille et on se dépêche d'acheter. Appel le lendemain en numéro inconnu. Fatigué, pas envie de répondre, je laisse le vibreur vibrer, l'appel appeler pour qu'il finisse dans le caniveau du répondeur. Il a pas dû être déçu le bougre, j'y chante Get Around des Beach Boys avec Le Duc. Aucun message laissé. Second appel plus tard, je décroche : Bravofly, c'était pour vous dire que (COMME PAR HASARD), l'opérateur [ndrl : KLM] a subitement augmenté ses tarifs. C'est cent-vingt euros de plus ! C'était 100 euros Bruxelles - Copenhague aller/retour, j'y croyais difficilement, mais comme ils n'avaient débité que 100 euros sur la carte bleue, je finissais doucement pas me convaincre de leur philanthropie.
Bref, j'ai fini par trouver moins cher, mais presque cher. Je pars demain matin, un train à Calais direction Lille, puis un autre vers Bruxelles. Enfin, un avion vers Copenhague où je passerai une soirée. Puis après une cuite dans un bar (je dis ça mais j'espère vraiment que je surpasserai ma timidité, même si l'alcool au Danemark est ultra cher), une nuit là-bas, je m'en vais vers Odense, puis un dernier train vers Svendborg. Puis du bus, où faudra que je fasse gaffe à demander au chauffeur de s'arrêter à la Vester Skerninge Skole (je suis obligé de l'écrire sur un bout de papier et de leur montrer, car j'ai une prononciation assez difficile du danois, ou plutôt, je découvre chaque jour des prononciations). Enfin, une dizaine de kilomètres à pied, sous le soleil j'espère. Des fois, je disais rien au conducteur et j'attendais d'être conduit au bon endroit, contraint ensuite de prendre un bout de papier dans mon sac et de faire du stop pour retrouver mes pas. Je faisais souvent du stop là-bas, en tombant surtout sur des vieilles (à mon désespoir) et des agriculteurs.
J'y vais quinze jours, je reviens le 22, encore à Bruxelles.
Je devais aller jusque la Norvège, mais c'est trop juste. 200 euros de plus pour une semaine, c'est presque inutile. Mais je prévois déjà mon été prochain.
J'aimerais trop, plus tard, acheter une cabane au loin, une cabane avec un minimum de confort, pas loin d'un fjord, et y aller de temps en temps. Pas forcément pour être là-bas, juste parce que j'aime l'idée de partir d'ici, et d'y revenir ensuite, après quelque chose comme un passage à vide.
J'aurais sûrement une connexion là-bas, donc je viendrai mettre deux-trois trucs si je le peux, si j'ai le temps, et si j'en ai l'envie.
lundi 4 août 2008
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